Hypnose et relation d’aide

Hypnose et relation d’aide

Hypnose et relation d'aide

Focalisé, mais sur quoi…?

Quand on se focalise sur un stimulus, on l’amplifie. Inversement, quand on détourne son attention d’un stimulus, cela réduit son importance dans la conscience. Faites l’expérience : prenez conscience d’un objet proche de vous, ou d’un bruit, ou d’une sensation physique, et vous constaterez combien ce stimulus devient de plus en plus important dans votre champ de conscience, le reste étant relégué au second plan, voire même « occulté » complètement de notre conscience.

De même, quand on se focalise sur une idée elle prend de plus en plus d’espace en nous, ce qui permet de relâcher l’emprise d’autres idées éventuellement désagréables. Pensez à vos futures vacances, où vous serez, avec qui, imaginez la scène avec le maximum de détails… et vous oublierez pour un instant votre liste d’achats et les soucis qui peut-être vous accaparent. Ah, je suis d’accord avec vous, généralement nous faisons l’inverse en nous concentrant sur nos soucis… et occultons l’idée même de nos joies petites et grandes ! Triste…

Un élément clé de l’accompagnement est donc de savoir quels sont les aspects de l’expérience dont vous pourriez tirer bénéfice en vous y engageant et ceux dont ils vous serait utile de vous désengager.

L’hypnose est un outil de choix pour amplifier les ressources positives à disposition de chacun, acquises selon ses expériences de vie propres, et permettre d’explorer d’autres solutions que celles que notre cerveau, « programmé pour reproduire », nous incite à utiliser (j’aurai l’occasion de vous parler des effets des hormones dans un prochain article). Les techniques de PNL (programmation neuro-linguistique) fonctionnent de la même manière, tout comme d’ailleurs le questionnement stratégique et les autres outils de la thérapie brève orientée solutions.

Influencer ou manipuler ?

Le fait d’influencer la conscience des autres n’est pas l’apanage de l’hypnose ou d’une thérapie mais relève simplement de toute communication humaine. Chaque commentaire que l’on fait ou chaque question que l’on pose à un interlocuteur dirige son attention vers un aspect particulier de l’expérience, pour le meilleur ou pour le pire.

Focaliser l’attention des gens sur ce qui est mauvais chez eux, ou sur ce qui est bon, génère des sentiments tout à fait différents en chacun.

Influencer ou manipuler, comme dans toutes les interactions humaines, dépend donc de l’intention et non de l’outil.

“Je suis…”

Combien de clients ai-je eu dans mon cabinet, m’expliquant courageusement en introduction : « Je suis alcoolique » ou « Je suis fumeur/fumeuse » ou « Mon médecin m’a dit que je suis dépressif » ou encore « Je suis malade », etc. qui se sont entendus répondre : « Ah, enchanté, je suis Marc ».

Avoir un problème avec sa consommation d’alcool, se sentir impuissant à renoncer au comportement de fumer, ou souffrir d’une forme de dépression n’a rien d’identitaire (sinon en effet comment renoncer à ce qui constitue notre identité ???). Prendre conscience que le problème, la souffrance n’est pas « soi » devient ainsi le premier pas vers le changement.

En ce sens, l’hypnose n’est pas une méthode thérapeutique mais un outil au service d’un thérapeute capable de faire surgir les caractéristiques personnelles et systémiques du client, capable d’établir une alliance thérapeutique avec le client avec un objectif commun, et capable enfin de proposer les meilleurs chemins propres au client afin de lui permettre d’élargir sa vision et d’utiliser ses ressources de façon plus harmonieuse.

Patient ou client engagé ?

Vous l’aurez compris, l’hypnose telle que je la pratique n’est pas une pilule magique au service d’un « patient » peu impliqué dans sa guérison (eh oui, ceux qui attendent que le médecin ou le spécialiste les soignent doivent souvent être fort… patients), mais plutôt un amplificateur d’idées et d’émotions au service de ceux qui veulent se prendre en charge afin de prendre soin de leur santé psychique et somatique (les deux étant intimement liés).

Pour les mêmes raisons, je n’utilise pas de « scripts » tout prêts sensés s’appliquer à chacun. En effet, ce que vous considérez comme un problème peut aussi être vu comme « la meilleure solution que vous avez trouvée » dans le contexte qui est le vôtre… ou qui a été le vôtre lorsque cette solution s’est mise en place, pour masquer un mal-être. Utiliser un script général ne correspondrait que très partiellement à votre situation et serait bien moins efficace.

L’exemple de la cigarette est parlant : pour ceux qui fument, la cigarette est devenue l’amie, le refuge, le soutien. Tout le monde sait que fumer est mauvais pour la santé, mais comment renoncer à cette précieuse relation ? Que va-t-il m’arriver sans cette fidèle amie toujours disponible ? Montée d’angoisse… Vite une nouvelle cigarette ! Défaire cette habitude va se concrétiser en vous permettant de créer autre chose, qui continuera à remplir vos besoins mais qui s’avèrera mieux adapté à votre situation actuelle. Vous avez le pouvoir sur votre vie, vous seul(e) savez ce qui sera bon pour vous, aujourd’hui, et utiliser vos propres ressources sera bien plus puissant qu’un quelconque script vague et non ciblé.

Heureusement l’hypnose, la PNL ainsi que les autres outils des thérapies brèves nous permettent de sortir de ces cercles vicieux. En tant que thérapeute spécialisé dans leur utilisation, je me réjouis de vous guider sur ce chemin vers votre liberté retrouvée.